Tourne, tourne... toujours

Le carrousel des mauvais jours

Dans ce préau chargé de douleurs

Où tous nous exprimons notre rancoeur

Nous les détenus, les mauvais garçons

Nous purgeons notre punition

En payant à la société

Notre dette, en étant prisonniers

 

Vous vous êtes permis de nous juger

sans connaître nos vies ni notre passé

Nous étions des mecs honnêtes et droits

Ce sont vos règles à vous qui nous ont rendu comme ça

Et vous le proclamons à vous les nantis, les puissants

Vous ne serez pas toujours les gagnants

Ne croyez pas que les mauvais sont toujours dans notre camp

 

C'est vrai, qu'au regard de votre justice

nous avons commis quelques préjudices

Mais ces petits larcins, ces petits délits

N'avaient qu'un seul but, qu'un seul souci

celui de rééquilibre la balance

En ces temps d'injustice sociale et d'indifférence

Nous n'avons fait que soulager notre souffrance

Pour juguler vos décisions d'intolérance

 

Nous, qui rêvions d'un autre monde

Où la terre serait plus ronde

Où les enfants du monde entier

Se donneraient la main pour entonner

Tous ensemble, un chant d'espoir et de fraternité

Qui prônerait les valeurs de partage et d'égalité

Entre tous les peuples de l'humanité

 

Une plus juste répartition des richesses en toute équité

De ce que la Terre nous a donné

Mais force est de constater

Que sur cette planète, les dès sont pipés

Tout est joué d'avance, plus aucune chance de salut

Pour nous, les sois-disant voyous, les détenus

Que votre société bien pensante a exclus

En nous laissant sur le carreau, le bas côté de la rue

 

Sans repères ni situations

Sans famille ni maison

Je n'ai que toi à l'horizon

Toi mon amour, toi ma passion

Et comme seule arme, la Lune

Qui seule connaît mon infortune

Je lui demande de guider

Mes pas vers toi, ma bien-aimée

 

De ce cauchemar, de ce délire

J'espère bientôt pouvoir sortir

Quand mon bonheur sera lavé

Que mon innocence sera proclamée

De tout mon coeur, j'espère que tu seras

La à m'attendre, en bas, tout en émoi

Et que, main dans la main,

Nous prendrons enfin le même chemin

Aldo